Le coaching, tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, peut sembler à première vue contradictoire à l’accompagnement spirituel. Pourtant, loin de s’opposer, ces deux approches peuvent se compléter harmonieusement pour favoriser l’épanouissement intégral de la personne humaine.
Le coaching ne remplace pas l’accompagnement spirituel
Le coaching est un service d’accompagnement qui aide une personne à clarifier ses objectifs, à développer ses talents et à prendre des décisions concrètes. En revanche, l’accompagnement spirituel se concentre sur la relation de la personne avec Dieu et avec les autres, afin qu’elle puisse, comme le dit saint Ignace de Loyola, « louer, respecter et servir Dieu notre Seigneur, et, par ce moyen, sauver son âme ».
Il est essentiel de comprendre que ni le coaching ni l’accompagnement spirituel ne cherchent à se substituer l’un à l’autre. Le coaching peut être un soutien précieux pour l’accompagnement spirituel, notamment en aidant la personne à mettre en pratique les résolutions prises lors de ce dernier. Comme l’explique Sophie Soria, coach certifiée, présidente-fondatrice du cabinet Le Coaching Ethique, ancienne journaliste économique et conseillé en communication : « En nous posant les bonnes questions, comme le ferait un bon coach, Jésus nous aide à discerner ce que nous devons faire pour suivre notre vocation ».[1]
Dans cette perspective, le coaching peut éclairer les choix et encourager à agir en pleine responsabilité, tout en restant en cohérence avec la foi chrétienne. L’Église catholique enseigne que « la liberté rend l’homme responsable de ses actes dans la mesure où ceux-ci sont volontaires » (CEC, n. 1734)[2], ce qui rejoint l’objectif du coaching de favoriser une action libre et réfléchie, inspirée par la foi.
Le coaching : un accompagnement structuré
Ce qui distingue le coaching, c’est son approche structurée et contractuelle. Il commence avec un objectif clair et se termine lorsque celui-ci est atteint, adoptant ainsi une démarche pragmatique. Lorsqu’il prend en compte la personne dans sa globalité – tant sur le plan personnel que professionnel – et s’intéresse également à sa dimension spirituelle, le coaching devient un véritable outil de croissance intégrale. Il permet ainsi de concilier les dimensions spirituelle et pratique de la vie quotidienne, en cohérence avec l’anthropologie chrétienne unitaire. Comme le souligne encore Sophie Soria : « Jésus ne sépare jamais le spirituel du personnel, il nous enseigne à prendre soin de notre âme tout en prenant des décisions concrètes pour notre vie ».[3]
Le coaching : un soutien à la vie sacramentelle
Le coaching peut également, de manière indirecte, soutenir la vie sacramentelle. En aidant à mieux gérer les défis du quotidien, à améliorer les relations interpersonnelles ou à prendre des décisions importantes, il rend la personne plus disponible pour recevoir les sacrements et vivre une vie de grâce. Ainsi, « le coaching, en complément de la foi, nous aide à traduire notre croyance en actions concrètes, alignées avec nos valeurs chrétiennes ».[4]
Les ponts possibles entre le coaching et l’accompagnement spirituel
Bien que distincts, le coaching et l’accompagnement spirituel peuvent être complémentaires. Tandis que l’accompagnement spirituel vise à guider la personne vers une relation plus profonde avec Dieu, le coaching l’aide à mettre en œuvre les fruits de cette relation dans sa vie quotidienne. « Jésus nous invite à prendre en main notre propre chemin de vie, en assumant la pleine responsabilité de nos choix, avec la foi comme boussole. »[5] En ce sens, le coaching peut être perçu comme un soutien naturel au cheminement spirituel, aidant à faire des choix éclairés et à assumer pleinement sa responsabilité personnelle
Dans les premières communautés chrétiennes, saint Paul exhortait à « exercer chacun les dons reçus pour le bien commun » (1 Co 12, 7). De même, le coaching, en reconnaissant et en valorisant les talents uniques de chaque personne, peut se révéler un atout pour favoriser la croissance personnelle et spirituelle.
J. Benoît Duvergé
[1] Soria Sophie, Un coach nommé Jésus, Editions InterEditions, 2020, p 45
[2] CEC – Catéchisme de l’Eglise Catholique
[3] Idem, p 32
[4] Idem, p 78
[5] Idem, p 53